Les dossiers – Lucky Luke – La corde au cou

Dessin : Achdé
Scénario : Laurent Gerra
Date de parution : 27 octobre 2006 en Europe et au mois de novembre 2006 au Québec

Histoire :
Un sacré coup de théâtre se profile puisque les Daltons sont condamnés à la pendaison ! L’homme qui tire plus vite que son ombre va même leur offrir, de bon coeur, la dernière cigarette du condamné …

Autres détails :

  • Pour échapper à la pandaison, les Dalton vont se marier.
  • Ma Dalton est dans l’album
  • Plusieurs personnages connus font une apparition dans l’album tel que : Bones le croque-mort, Lulu Carabine, Calamity Janes et Buffalo Bill
  • Il y a plusieurs caricatures de gloires de la chanson, du cinéma ou de la bande dessinée tel que : Elizabeth Taylor, Kirk Douglas et John Wayne, Gloria Lasso, Joe Dassin, Raoul Cauvin et Willy Lambil.

De la censure dans le prochain Lucky Luke?

Dans le journal « Le Figaro », la planche 6 présentée est différente de la page disponible sur internet. La version du Figaro présente Lucky Luke en train de rouler une cigarette. Cette cigarette n’est pas pour lui mais pour Joe Dalton. C’est la dernière cigarette du pendu.

Par contre, sur la version disponible sur internet, cette séquence a été remplacée par Averell Dalton et Ratanplan. Est-ce que les auteurs ont été obligés de remplacer cette séquence? À suivre…

Planche censuré

Planche non-censuré

 

Merci à Maxime Brunel pour les images censurés

Il est possible de consulter certaines pages de l’album en cliquant sur le lien suivant : Read Box

 

J’ai 2 entrevues avec Achdé que j’ai à vous proposer. Ces entrevues ont été réalisés au Québec pour la promotion du nouvel album « La corde au cou ».

La première entrevue a été réalisé avec Valérie Letarte pour l’émission Ado-Radio à la radio de Radio-Canada le 15 novembre 2006. Pour l’écoutez, cliquez sur le lien suivant : Entrevue Ado-Radio

La deuxième entrevue a été réalisé par moi-même au salon du livre de Montréal 2006. Elle est divisé en 2 parties. Pour la visualiser, cliquez sur le liens ci-dessous :

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Voici un article concernant Laurent Gerra et le nouvel album :

Laurent Gerra dégaine plus vite que son ombre


philippe Muri
Publié le 01 juillet 2006

En reprenant Lucky Luke, il a réalisé un rêve de gosse. Le rêve que font tous les mômes, quand leur père, à intervalles réguliers, leur offre un nouvel album de leur héros préféré. Laurent Gerra n’a pas oublié. Ni le côté cow-boy solitaire du personnage, auquel il s’identifie volontiers – « Comme lui, je vadrouille beaucoup, je ne tiens pas en place » – ni les seconds rôles savoureux créés par Morris au cours d’une carrière longue de plus d’un demi-siècle.

Parlez-lui des Dalton, et ses yeux s’allument. En 2004, au moment où paraît La Belle Province, le premier volume des nouvelles aventures de Lucky Luke, désormais dessinées par Achdé, l’humoriste qui dégaine les vannes plus vite que son ombre a déjà en tête une histoire mettant en scène Joe, Jack, William et Averell. Tagada! Revoilà donc les Dalton, plus déterminés que jamais à descendre leur ennemi juré. Pas si évident. Car dans La corde au cou, que prépublie la Tribune de Genève en avant-première durant tout l’été, les desperados les plus drôles de la BD apparaissent mal barrés.

« Au début de l’album, ils pensent qu’ils vont être amnistiés. Alors qu’on s’apprête à les pendre », résume Gerra. Sur la terrasse d’un grand hôtel parisien, l’imitateur jubile en évoquant cette nouvelle histoire, écrite comme la précédente sur des cahiers d’écolier. Dans la rue, des affiches de son nouveau spectacle, Laurent Gerra flingue la télé, le montrent fringué en Lucky Luke, un colt à la main. Schizophrène, l’artiste? « Complètement! (rires) Beaucoup de gens me parlent de cette affiche et m’interpellent en me disant « Salut Lucky Luke! » Ça fait plaisir. Mais je n’endosse pas le côté justicier du personnage. Je suis là avant tout pour faire rigoler. »

John Wayne et Liz Taylor

C’est pourtant très sérieusement que Gerra s’est attelé à la rédaction de ce second scénario, coécrit avec son compère dessinateur Achdé. « J’aime bien quand il y a un ping-pong entre auteurs, une véritable symbiose. Graphiquement, Hervé (Achdé) a vraiment réalisé des scènes d’action très fortes dans La corde au cou, notamment une poursuite en diligence qui donne une incroyable impression de mouvement. Le genre de cases que réussit très bien quelqu’un comme Uderzo. »

Par rapport à La Belle Province, son précédent opus, Gerra a un peu corrigé le tir. « Il y a beaucoup de textes dans mon premier Lucky Luke, beaucoup d’informations. Là, c’est plus fluide, même s’il y a encore plusieurs histoires qui se mêlent. Goscinny aimait bien ça. On a essayé de respecter ce genre de codes. » Y compris le double niveau de lecture, cher au scénariste d’Astérix. « Quand mon père m’achetait des Lucky Luke, il les lisait avant. Enfant ou adulte, le public a besoin de retrouver un certain état d’esprit. Dans cet album, on fait une allusion à Liz Taylor. Sans dévoiler le contenu, disons que les femmes vont peut-être réagir… Par ailleurs, Lucky Luke croise des légendes du western, tels que Kirk Douglas ou John Wayne. »

En revanche, pas de rencontre avec Clint Eastwood, pourtant une des idoles de Gerra. « J’y avais pensé, ce sera pour une autre fois. » Peut-être dans le prochain album, dont les grandes lignes sont déjà esquissées. « Initialement, je voulais revenir sur la guerre de Sécession. Mais c’est difficile, car il ne doit pas y avoir de morts dans un Lucky Luke. On a finalement trouvé un sujet inédit, ce qui n’est pas si simple compte tenu du nombre de thèmes liés à l’histoire de l’Ouest déjà exploités dans la série. »

Pas de cigarette

Respectueux des règles tacites établies par ses prédécesseurs, Laurent Gerra ne se sent toutefois pas bridé dans son imagination. « Je ne vais pas faire ce que je montre en spectacle. C’est en cela que la bande dessinée est intéressante pour moi. Elle me permet de varier les plaisirs. Je peux dire des horreurs sur scène, et scénariser de manière différente. »

Ce n’est pas avec Gerra que Lucky Luke allumera les lecteurs. Pas plus qu’il ne rallumera sa cigarette, abandonnée en 1983. « En tant que non-fumeur, je préfère qu’il suce un brin d’herbe. En revanche, qu’il boive un petit whisky de temps en temps, ou une bière pour se rafraîchir, ce serait pas mal… »

Référence : http://www.tdg.ch

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TRAMLABULLE 2006 | Avec Achdé, dessinateur du cow-boy solitaire

«Quand je réalise un album, je veux rester le petit garçon qui dévorait Lucky Luke»

Les dédicaces? De véritables pépites d’or! Avec la présence les 15, 16 et 17 septembre à Tramlabulle du dessinateur de Lucky Luke, le CIP aura des airs de Far West!

Par Michael Bassin

L’unique papa de Lucky Luke sera à toujours Morris. Mais a contrario de certains héros de BD, les auteurs ne sont pas éternels et le cow-boy est devenu orphelin en 2001. Achdé, le successeur de Morris, se livre.

– Reprendre Lucky Luke, c’est un honneur, mais ça doit aussi être une sacrée responsabilité. Sentez-vous cette pression?

– Evidemment. Une pression professionnelle tout d’abord, car on doit au lecteur un travail de qualité qui lui offrira une «lecture plaisir». Mais il y a aussi la pression morale, celle du respect pour Morris, car je ne suis que le dépositaire de son œuvre et mon but est de la poursuivre sans l’endommager ni la trahir. Lucky Luke est le héros de mon enfance; quand je réalise un album, je veux rester le petit garçon de 10 ans qui le dévorait. J’ai toujours envie de réaliser un album que j’aurais aimé moi-même acheter.

– Connaissiez-vous Laurent Gerra avant cette collaboration pour Lucky Luke?

– En fait, comme tout le monde. J’étais afficionados de l’imitateur, aujourd’hui je suis fidèle à l’ami. Il est talentueux et sincère. C’est un vrai gentil, sous ses apparences de «monstre de la scène».

– Quelle marge de manœuvre avez-vous pour faire évoluer graphiquement les personnages phares?

– Faut-il vraiment faire évoluer le personnage volontairement? Je crois que celui-ci évolue naturellement au fur et à mesure de l’aisance et du caractère de l’auteur. Pour ma part, ayant vu évoluer Lucky Luke depuis que je suis enfant, car Morris était un génial dessinateur toujours en recherche, j’ai voulu faire un choix. Celui-ci s’est porté sur l’époque qui me plaisait le plus, c’est-à-dire de 1958 à 1975. Quant à moi, si je poursuis longtemps mon aventure avec ce héros sensationnel, c’est le lecteur qui me dira si je l’ai fait évoluer…

– Reverra-t-on une fois Lucky Luke la clope au bec?

– Hors de question, même sous forme de clin d’œil. Morris l’a voulu, c’est ainsi.

– Avez-vous effectué des modifications dans l’approche du dessin entre «La Belle Province» et «La Corde au cou», qui sortira prochainement?

– Concernant ma méthode de travail, oui. J’ai réalisé intégralement l’album au crayonné et j’ai repris celui-ci à la table lumineuse. Pour ce qui est des personnages, il est évident que j’étais un peu plus à l’aise car c’est la troisième aventure que je dessine. Néanmoins, vu le nombre de chevaux et d’Indiens dans «La Corde au cou», j’ai vraiment transpiré. Car si pour Morris, dessiner un canasson était un amusement, pour moi c’est encore un sacré boulot! Je ne vous parle pas de la pression évidente pour ce deuxième gros album, car on nous attend au tournant. Je peux vous dire que j’ai soigné mes études et mes crayonnés. Mais je reste persuadé qu’on peut toujours mieux faire!

– J’imagine que vous devez sans cesse vous imprégner de l’univers de l’Ouest?

– Primo, j’adore les chevaux, ce qui est intimement lié, et je ne rate jamais ni un livre, ni une émission à la télévision sur le sujet. J’ai aussi pas mal d’ouvrages de peintres et de grands illustrateurs américains, comme Rémington, Russel, Mc Ginnis, etc. Secundo, je suis un accro des bons westerns, et la DVDthèque ne désemplit pas! Enfin, grâce au satellite, j’ai accès à de bons documentaires sur les chaînes spécialisées. Ça aide!

– Dans votre imagination la plus folle, où aimeriez-vous emmener le cow-boy?

– A Paris avec Buffalo Bill. Ça collerait, Cody est venu avec son cirque en Europe!

– On dit de Lucky Luke qu’il a du flegme, de la classe, un côté «déglingué» mais aussi taciturne, qu’il est timide avec les femmes, et parodique…Quel est le trait de caractère qui se rapproche le plus de vous?

– La fidélité, vous ne l’avez pas citée, mais c’est un point essentiel à la façon de vivre de notre cow-boy. Je crois que je suis assez fidèle. La preuve, demandez à ma femme!

– Votre nouveau mandat d’illustrateur de cette série va-t-il vous obliger à mettre le frein à CRS=Détresse?

– On n’arrête pas une série qui marche! C’est même mon éditeur, Dargaud, qui le dit. Simplement, je dois m’organiser. Et puis c’est mon bébé, même si mon ami Raoul Cauvin l’agite à présent dans tous les sens! D’ailleurs, c’est aussi beaucoup pour cela que je la poursuis. J’ai un tel plaisir à travailler avec Raoul que cela me manquerait de rire avec lui aux dépens de mon flicaillon adoré!

– Verra-t-on une fois une suite à Woker?

– C’est une arlésienne, cette question. Mais désolé, c’est fini. Pour trop de raisons cette série ne peut reprendre, et de fait je ne le désire plus. Woker a vécu.

– Sinon, quel est le reste de l’actualité d’Achdé?

– Un CRS en préparation qui sortira vers avril-mai 2007, et un Damnés de la Route, avec Michel Rodrigue aux éditions Bamboo, et qui sort pour Tramlabulle. Pour le prochain Lucky Luke, je m’y pencherai certainement dès le printemps prochain.

– Parmi les autres auteurs invités à Tramlabulle, il y aura aussi Cauvin, que vous connaissez de longue date. Que représente-t-il pour vous?

– Comme je vous le disais, c’est un véritable ami depuis plus de 20 ans. Mais d’une certaine façon, affectivement c’est aussi un peu mon papa, et je le considère affectueusement réellement comme tel. Professionnellement, il est évident qu’il représente pour moi le dernier grand scénariste tout public de la BD franco-belge, et je le place au même rang que René Goscinny, Michel Greg ou Jean-Michel Charlier. Mon seul regret: il ne reçoit pas l’estime et le respect que l’on devrait avoir pour lui! Le jour, que j’espère très lointain, où il aura décidé de quitter le monde des petits Mickeys, j’aimerais voir la trombine de certains à Marcinelle (n.d.l.r.: site des éditions Dupuis) qui le regardent avec une condescendance hypocrite. Les chiffres les gifleront peut-être…

– Quels souvenirs avez-vous de Tramlabulle?

– Je n’y suis venu qu’une fois, mais j’en garde un excellent souvenir, plein de jazz, de spectacle comique et de pluie aussi. Mais comme tout est sur place, c’est génial! En revanche, je connais les organisateurs depuis des années. Ils sont adorables tous les deux (n.d.l.r: Jacqueline et Pierre-Alain Kessi) et ont toujours réussi à faire d’un week-end BD organisé sérieusement, à l’helvète, un vrai moment de plaisir et d’amitié réussi pour les auteurs invités. Surtout qu’ils ont du mérite, ces deux passionnés, la Suisse n’est pas forcément un pays culturellement très BD. Et puis ce Pierre-Alain, quel talent à la guitare!

L’hôpital comme case départ

La petite histoire raconte que le premier livre de bande dessinée acheté par Hervé Darmenton, à neuf ans, n’est autre que «Lucky Luke contre Phil Defer». Mais avant de pouvoir vivre du 9e art, le Français exerce le métier de manipulateur en électroradiologie.
Dans la salle d’attente de l’hôpital et du cabinet d’imageries médicales, il laisse traîner des dessins qui détendent et font rire les patients. Ensuite, il monte un studio de création, puis une agence de pub, et publie des dessins dans la presse régionale et nationale. Le pseudo d’Achdé naît et avec lui la série CRS=Détresse. Dessinateur avant tout, scénariste parfois, on le retrouve aussi notamment sur Woker, Doc Véto, Les Damnés de la route et La Esmeralda.

Arrive le grand tournant. Suite au décès de Morris, on lui propose de reprendre Lucky Luke. Un court récit, «Le Cuisinier français», lance l’aventure. En 2004, avec «La Belle Province», il signe son premier vrai Lucky Luke dont Laurent Gerra assure le scénario. Le rêve se poursuit pour l’homme de 45 ans puisque «La Corde au cou» sortira à la mi-octobre.

M.Ba.

Référence : http://www.journaldujura.ch

 


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