Auteur – Entrevue Philippe Haim

Voici une entrevue de Kevin Prin provenant du site lecinema.net.

Retour sur l’un des films français partageant le plus le public fin 2004 et tout juste sorti en DVD sous la bannière d’UGC Video : Les Dalton. A sa tête, un réalisateur faisant parler de lui depuis ses compositions musicales sur Voyage à Rome et L’Appât, et surtout depuis sa première réalisation Barracuda avec Jean Rochefort et Guillaume Canet en 1997. Ne donnant plus de signe de vie entre ce premier film et son second Les Dalton, nous l’avons rencontré pour tenter de le mettre à jour et d’en savoir plus sur son expérience pas comme les autres sur ce dernier film… Très généreux en anecdotes et ne pratiquant pas la langue de bois, Philippe Haïm nous dévoile en détails la construction d’un film et les décision qu’un réalisateur doit prendre en terme de mise en scène. Chronique d’un métier de passionné.

Les Dalton, on peut dire que c’est « votre » film ?

C’est toujours difficile de faire un film où on te dit « tu t’appropries pas ça ». J’ai essayé d’être metteur en scène et réalisateur, avec des choses qui étaient difficiles à négocier, parce que les deux acteurs principaux Eric et Ramzy avaient co-écrit le film. Ce point là était difficile. Mais sinon c’était une expérience formidable.

Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Les gens d’UGC m’ont appelé. Le script était prêt, ils cherchaient un réalisateur, et j’étais en concurrence avec des gens que je ne nommerais pas, mais qui étaient des metteurs en scènes plus naturels pour un film de cette ampleur. Et j’ai eu la chance qu’on me prenne moi.

Entre Baraccuda et Les Dalton qu’avez-vous fait ?

J’ai travaillé sur un film qui s’appelle Bluff pendant trois ans et demi, et qui s’est arrêté dix jours avant le tournage. L’histoire était celle d’un casse d’un casino… En toute modestie, c’était Ocean’s Eleven avant l’heure, sauf qu’au lieu d’être onze ils étaient quatre. C’était le même type de film sauf que ça se passait en France. Mes acteurs principaux étaient José Garcia, Samy Nacéri, Olivia Bonamy, et François Berléand. Le film s’est cassé la gueule pour un gros problème de montage financier dû au producteur, qui a été assigné en justice par 56 membres de l’équipe technique… dont moi. Et comme le distributeur était UGC, je les ai rencontré comme ça. Cette expérience a été un choc pour moi, car il y avait trois ans et demi de travail derrière, un script avec 21 – vraies – versions, deux équipes techniques… J’ai pris du temps pour me remettre de cette histoire, beaucoup de temps. C’est un film qui comptait énormément pour moi… j’en ai été vraiment malade. Mais bon, ça fait partie de l’univers du cinéma.

Ca remonte à quand ?

Juste après Barracuda, il y a 4-5 ans.

Et par la suite ?

J’ai refusé Fanfan La Tulipe, et j’ai commencé à écrire sur Michel Vaillant que finalement je n’ai jamais fini. Puis Les Dalton sont arrivés très vite…

C’est un projet qui remonte à quand ?

Assez longtemps. Mais quand on m’a appelé pour faire le film, j’ai eu en tout et pour tout onze mois entre la préparation et la sortie du film. C’est un film très compliqué, d’autant qu’il y a 402 plans truqués, qu’il implique la reconstitution d’une époque avec ses costumes, beaucoup d’effets spéciaux, pas mal de figurants, des décors en studios mais aussi en extérieur, ce qui n’est jamais simple. Bref un film qui aurait nécessité entre 18 et 24 mois pour assurer une post-production réelle. Là on en a eu onze. A mon premier rendez-vous chez UGC en Janvier, on m’a donné la date de sortie du film : « Décembre ». J’ai réfléchi une fraction de seconde dans ma tête avant de répondre « Oui, c’est possible ». On a travaillé nuit et jour, mais on l’a fait. Ca j’en suis assez fier, d’avoir tenu cet engagement, d’avoir respecté ce délai là. Parce que c’est vrai qu’un effet spécial peut prendre six mois.

Le film était finit quand ?

Il est sorti le 8 décembre 2004, donc on a dû finir le 15 octobre.

Comment vous êtes vous organisés sur le planning de tournage ? Vous avez d’abord tourné les plans à effets spéciaux pour avoir plus de temps pour les traiter ?

Pas du tout. Les superviseurs des effets spéciaux étaient présents en permanence, et nous avons mis en place entre nous un feedback permanent. Souvent sur le tournage, on venait m’apporter des maquettes que je commentais « Non ça faut corriger ; ça c’est bien ; ça faut l’explorer : ça faut aller plus loin … ». Si les équipes des effets spéciaux n’avaient pas travailler en parallèle au tournage, nous n’aurions jamais respecté les délais. Autre point : la durée d’un plan est très importante pour un effet spécial. Donc on a commencé à monter quinze jours après le début du tournage, après la journée sur le plateau jusqu’à minuit, pour reprendre ensuite le lendemain le tournage. C’est une méthode de travail assez géniale, un grand luxe parce que tu peux te rendre compte de tes erreurs, de ce qui te manque, de tes mauvais choix, des impasses, … Mais sans ce procédé, là encore nous n’aurions jamais fini le film dans les délais.

Comment avez-vous marié les effets spéciaux à l’esthétique globale du film, sa photographie ?

Je me suis rendu compte que l’infographie est autant un outil extraordinaire qu’un esclavagisme dans le cinéma d’aujourd’hui. C’est-à-dire que tu es totalement dépendant de processus techniques impitoyables de complexité. Ce sont des processus finalement fiables, mais après beaucoup d’essais. C’st pour cela que les effets spéciaux prennent autant de temps. D’abord tu les vois sur écran, sur un moniteur, mais ensuite il faut les tirer en 35mm et la différence est énorme. Donc tu as des gens qui fabriquent des effets spéciaux sur des écrans. C’est très simple, un écran c’est un objet qui projète de la lumière dans ta rétine. Mais un écran de cinéma c’est un objet qui ne projète aucune lumière dans ta rétine, donc optiquement la différence est énorme.

Comment s’est passé la première rencontre avec Eric et Ramzy ?

Très bien, ce sont des gens adorables. Mais ils m’ont très vite expliqué qu’étant co-auteurs, ils avaient écrit la « bible », la charte du film, et que ce ne serait rien d’autre. Et j’ai tenté plusieurs fois de leur expliquer que même la bible, ça s’améliore, mais je n’ai pas réussi. Ca nous a valu certains très bons moments, et certains gros conflits.

Votre rôle était limité à celui d’un technicien ?

Moi je revendique complètement les couleurs du film, la tentative de me rapprocher le plus possible de la BD, les accessoires, les décors, le look du personnage, leur manier de s’exprimer, de marcher,… Tout ça je le revendique. Si ce n’est pas bien, c’est entièrement de ma faute.

Un élément que l’on retrouve régulièrement dans la mise en scène, ce sont les références…

Oui, et elles sont très appuyées, je sais. Si je réalisais un Astérix, j’aurais la chance de n’avoir aucun film qui a été fait sur les Gaulois auparavant. Mais là il s’agissait d’une comédie western, avec cent ans de westerns derrière moi, des premiers à Hollywood qui duraient quelques minutes à encore aujourd’hui : c’est inscrit dans l’histoire américaine. On doit ici retranscrire une BD française, qui se passe aux Etats-Unis, dans l’univers du western. Je devais me référer à ce qui existait déjà, aux codes prédéfinis, car le public n’est pas idiot et a déjà vu des westerns. J’en ai gardé deux : John Ford, réalisateur sublime auquel je ne me comparerais évidemment jamais, et Sergio Leone qui a introduit une espèce de réalisme Shakespearien, où les mecs sont sales, ont les dents pourries, ne se sont pas lavés pendant trois semaines, et peuvent cuire sous le soleil pendant quatre heures. Ce qui était difficile c’était de faire croire qu’on se trouve dans l’ouest, c’est à dire montrer de la sueur, des gens sales, pas rasés, et qui s’en foutent. Tout ça mélangé au côté flashy de la BD : les maillots verts, etc. Un sacré challenge.

Parlons des costumes… Lucky Luke en particulier. Ce n’est pas évident on imagine de le retranscrire à l’écran ?

Il a un chapeau blanc, un foulard rouge, une chemise jaune, un gilet noir, un jean bleu, des pompes marrons. Un vrai sapin de noël ! En tant que metteur en scène, ça me posait un problème : la faute de goût est énorme. Donc moi j’ai choisi de jouer la carte du play-boy du Far-West. Il a un jean impeccable, des vêtements flashys et une chemise repassée. J’avais demandé à ce qu’on lui coud son pantalon « sur lui », que ce soit le cow-boy né dans son costume, c’est à dire d’accentuer le côté « J’me regarde, quand je passe devant une glace je me fait des clins d’oeils, et quand je souris je suis pire qu’une pub pour dentifrice », bref son côté bellâtre. Au moment du maquillage, j’ai demandé à ce que Til Schweiger n’ait pas une ride, rien du tout. C’est un mannequin de cire, une icône. On a essayé de jouer cet aspect au maximum. Quand je demandais les vêtements les plus flashies possibles, le chef op, les costumiers me disaient que ça allait être trop. Et je leur répondais que ce ne sera jamais assez ! Car comme il était peu écrit, pour ne pas dire pas du tout, il fallait bien le caractériser visuellement. Qu’en un clin d’oeil on comprenne qu’il était du côté de la loi, qu’il est assez chiant, qu’il a toujours raison, qu’il est hyper rasoir… Personne ne peut adapter concrètement la BD Lucky Luke avec seulement Lucky Luke. Il n’est jamais en danger, il tire plus vite que son ombre, il parle avec son cheval, il a toujours quelqu’un à qui se confier… il n’a jamais de problème ! Donc du point de vue de la comédie, c’était formidable d’appeler ça « Les Dalton ».

Et pour la création de l’ombre de Lucky Luke…

Ok, il tire plus vite que son ombre. Mais jamais on ne m’a expliqué pourquoi, cce qui restait un mystère énorme pour moi. Donc j’ai essayé de savoir pourquoi : soit il est surnaturel, soit son ombre est complètement conne. On fait une comédie, donc la seconde solution était la plus marrante. Et donc on a cherché des gags, qui n’étaient pas du tout dans le script. C’est moi qui l’ai introduite, j’ai cherché à créer une ombre complètement idiote, qui me permettait à la fois de caractériser Lucky Luke, de lui donner plus de chair, et de respecter la BD puisqu’il nous est vendu comme le cow-boy qui tire plus vite que son ombre. L’idée vient de là.

Finalement Lucky Luke souffre du même syndrome que Tintin : il n’est pas le personnage le plus intéressant de la BD, c’est même le moins passionnant, il ne vit que grâce aux personnages secondaires. Haddock, Tournesol et les frères Dupont par exemple pour Tintin…

Je suis parfaitement d’accord. Tintin et Lucky Luke sont sans défauts, ils ne sont pas attachants… Mais en fait on aurait pu aller encore plus loin et se demander s’il n’avait pas une relation extra conjugale avec Jolly Jumper (il éclate de rire).

J’aurais voulu voir ça…

Je voulais à l’origine une jument, qu’il ait une voix de femme, mais à la lecture de la BD je me suis rendu compte que c’était « un » cheval.

Ah bon ???

Absolument, j’étais très déçu en découvrant ça. Ca aurait été marrant.

Et un Lucky Luke gay ?

Non, là on sort de la BD quand même… Il y a une allusion sur l’homosexualité refoulée de Joe, mais ça j’étais contre, on sort de la BD.

Dans le cas de Joe Dalton, ça prolongeait sa psychothérapie dans La Guérison des Dalton…

Ce n’est pas faux, mais on sortait quand même trop de la BD…

Il y a un acteur qui fait très cartoon dans le film, Javivi, qui joue le chef mexicain du village, et qui se livre à une danse surréaliste au milieu des explosions.

Sur le plateau lorsque nous avons fait la mise en place nous avons tracé tout un parcours que Javivi devait suivre pendant que le village « explosait » en longueur. … Est arrivé le jour où l’on devait expliquer cette scène à Javivi. C’était très drôle car c’est un acteur très angoissé, et j’en ai rajouté des tonnes en lui expliquant « Là tu passes il y a trois explosions, ici il y a 450 impacts de balles, ici il y en aura encore 300, etc. » et au fur et à mesure je le voyais devenir blanc comme neige (rires). C’était un moyen de couper court à sa contestation. Mais quand il a fait un essai, on s’est rendu compte que ça ne marchait pas du tout. J’ai donc décidé d’organiser une sorte de balai : la scène était tellement préparée que c’était parfaitement adéquat. Le rythme des balles allait être sa musique, je lui ai fait une démonstration et il a repris parfaitement le concept. Le résultat est formidable, mais est issue d’une improvisation.

Un décor est parti en fumée durant le tournage…

Oui, ce fut un moment très dur. En ce qui concerne le film, je n’avais pas fini la séquence et j’ai demandé à ce qu’il soit reconstruit. On me la refusé. Il manquait toute la fin de la scène ! Néanmoins sur le moment j’étais plus préoccupé par les conséquences humaines. Tout est allé vite, des flammes ont atterri sur des bouteilles de butane, le site entier aurait pu exploser, ça aurait pu être un drame absolu. Au bout de quinze secondes de frayeur absolue qui m’ont semblé être une éternité, on est venu me dire qu’il n’y avait pas de blessés. J’ai eu tellement peur, ça m’a scié les jambes sur le reste de la journée… Ce sont des peurs qui n’ont plus rien à voir avec le cinéma, mais avec les gens avec qui tu travailles. J’ai vu des artificier pleurer, craquer, c’était une journée noire. Je ne souhaite ça à personne.

Et les autres scènes comme la fusillade dans le repère des Mexicains ?

Tout c’est très bien passé humainement, mais les plans étaient très dur à réaliser. Ils nous ont pris toute une journée, de 8h à 23h non-stop. On voit mon assistant piquer une crise dans le making-of en engueulant tout le monde, mais on ne sait pas pourquoi. En fait il venait de faire une annonce en demandant à personne de toucher ses armes, mais 30 secondes plus tard on entend un énorme coup de feu : Javivi venait de toucher son arme sans le vouloir. La déflagration a fait peur à tout le monde. Mon assistant aurait pu être moins sévère, mais il a en fait eu raison. On peut toujours avoir un problème : c’est de la pyrotechnie, c’est des explosifs, c’est dangereux. Il fallait qu’il y ait le plus possible de concentration, de discipline sur le tournage, sans non plus trop se prendre au sérieux, mais c’est une question de sécurité. Il y avait également une grosse roue bien lourde suspendue au plafond par exemple. Evidemment elle était sécurisée, mais lorsqu’on passe en dessous et qu’on voit ses grosses pointes, on ne peut s’empêcher de voir là un danger pour l’équipe. J’avais formellement interdit les téléphones portables, car les fréquences peuvent enclencher la pyrotechnie… C’était formidable, une super expérience, parce que tout ça je ne connaissais pas avant, j’ai appris tous les jours. Tous les jours j’était un buvard qui regardait les autres travailler.


C’est parce qu’il avait joué dans Baraccuda que vous avez fait appel à Jean Rochefort pour la voix de Jolly Jumper ?

Oui. Et d’une parce que je me voyais mal faire mon second film sans lui. Et de deux parce que j’avais entendu Rochefort faire le commentaire de l’équitation pendant les Jeux Olympiques, et que je l’avais adoré ! C’était indéniablement la bonne personne. Il est marrant, adorable, et s’est tout de suite défini comme un acteur « zoologique » en arrivant en cabine de doublage (rires). Ce mec c’est une merveille, un véritable artiste inventif, très exigent avec lui-même, capable de prendre des risques, de se mettre en danger dans ses choix de rôles, capable d’une méchanceté terrible. Il est complètement fou mais au bon sens du terme. C’est un acteur jouissif, un bonheur.

Si Eric et Ramzy étaient déjà sur le projet quand tu es arrivé, les autres acteurs c’est vous qui les avez choisi ?

Oui.

C’était volontaire d’avoir autant de guest-stars ?

Tout à fait. Je voulais donner des chances au film… C’est un film fait pour divertir pour les enfants. Créer un film pour enfants n’est pas naturel en France. Avec l’avènement des génies de Pixar, qui ont l’art de faire un film pour tout le monde, on se dit « nous aussi ! ». Sauf que c’est pas facile en France. J’ai accepté les Dalton pour une seule raison : j’ai lu les BD quand j’avais six ans, et c’était un retour en enfance. Je venais d’avoir un fils également, et je me suis dire que ça pourrait lui plaire dans cinq ans. J’ai tout fait pour tirer ce film vers le plus enfantin possible. Tout est très lisible, il n’y a aucune zone d’ombre.

Ma Dalton ?

Marthe Villalonga est le sosie de Ma Dalton : c’était impossible d’en prendre une autre. Après tout, qui est Ma Dalton ? C’est le profil typique d’une mère juive, qui tape avec la règle sur les doigts de ses enfants, mais les adore. Je me suis souvenu de Marthe dans Un Elephant ça trompe énormément et Nous irons tous au Paradis… c’était elle, sans aucun doute. Et puis il faut voir aussi que c’est la première fois qu’on fait un western avec des acteurs typés Afrique du Nord. Donc il fallait que leur mère soit crédible, et Marthe l’était.

Elie Semoun ?

On aime ou pas, mais c’est pour moi le comique qui me fait le plus rire en France. En plus c’est un ami et j’avais envie d’être entouré de gens que j’aime bien.

Jean Dujardin ?

Dans le script il y avait un cow-boy vanneur. A l’origine j’avais demandé à Jean de jouer Lucky Luke, mais pour des raisons de co-productions ce fût impossible. Il était très déçu. Mais pour moi c’était impossible qu’il ne soit pas dans le film, je lui ai donc proposé ce rôle plus modeste. Bon joueur, il a accepté. On s’est marré comme jamais les deux jours où il était sur le tournage. Il est complètement fou ! Mais gentil et hyper pro.

Les copines de Ma Dalton ?

C’était compliqué. Des femmes de cet âge là qui ont la pêche, c’est compliqué ! En plus elles n’étaient pas très présentes dans le scénario, donc faire vivre les personnages à l’écran n’était pas évident. D’ailleurs elles ne vivent pas tant que ça. C’était très difficile de demander à une grande actrice telle que Ginette Garcin de faire ça, mais elle a tout de suite compris et s’est montré d’une grande générosité.

Jean Benguigui ?

Là c’est une entorse à la BD : je voulais un type plus petit que Joe. Il faut bien comprendre que Joe – Eric – fait 1.75m et ça pose des tas de problèmes. Par exemple j’avais interdit qu’un figurant fasse moins d’1.80m, ce qui dans le sud de l’Espagne est plutôt compliqué. Donc pour une fois j’ai fait une entorse, sachant qu’il avait plus de scènes avec Averell qu’avec Joe, je voulais créer une vraie différence de taille. Tout ce qu’on a pu faire pour rappeler la diagonale Dalton, on l’a fait. Les chaises, les verres, les tables, les comptoirs… Tout ce qu’on a pu faire visuellement comme détails on l’a fait. Je remercie tous les gens qui sont venus car c’était difficile sur le script de dire oui.

Mettre des références pour adultes dans un film pour enfants (il était une fois dans l’ouest, Kill Bill) c’est tout de même surprenant…

Kill Bill, je regrette, c’est une bêtise de ma part. On aurait put mettre d’autres musiques mais je voulais dans cette scène, au moment où je l’ai fabriquée, accentuer le côté « j’me prends pour un caïd ». Mais c’est vrai que c’est con, c’était une facilité de ma part. Par contre Il était une fois dans l’ouest j’assume à fond, d’abord parce que l’arche on l’a reproduit pierre par pierre et je peux te dire que ça a été coton de le faire. Mon premier métier dans le cinéma c’était balayeur dans une salle, je n’en tire aucune fierté mais un peu quand même. J’ai balayé des salles de cinéma pour voir les films gratuitement et je me suis fait ma culture ciné comme ça. J’y allais deux fois par jour, en vacances dans une petite station de montagne. Et le distributeur de l’époque ne voulait pas passer des films nouveaux alors il passait des vieilleries. Et j’ai eu la chance à 14 ans de découvrir tous les Leone sur grand écran, tous les Sidney Pollack, j’ai découvert le cinéma comme ça. Et je peux te dire sans t’envoyer les violons que la découverte d’Il était une fois la révolution ou Il était une fois dans l’ouest sur grand écran quand tu as 15 ans c’est quelque chose que tu ne peux pas oublier. Et ce sont des films qui m’ont tellement marqué et tellement bouleversé que faire un western sans y faire référence était pour moi impossible. C’est purement affectif.

Je pense que Leone est un des plus grands cinéastes ayant existé. Un cinéaste shakespearien qui a fait des films magnifiques sur l’amitié. Il était une fois la révolution est un film extraordinaire sur l’amitié, que beaucoup de gens plus intellectuels n’arriveraient pas à faire. Ce n’est pas que ça m’a nourri, c’est que ça m’a tapé, je mourrais de ça. Les grands films ils te changent, modifient ta perception des choses. Je mets Leone dans cette catégorie. Je ne dis pas que j’ai raison, c’est totalement personnel. Quand je vois James Coburn, je me dis que j’aimerais avoir un pote comme ça. Cela rejoint un truc très français qui sont les amitiés Gabin / Ventura, qu’il y avait dans un cinéma français d’une certaine qualité, que l’on ne trouve plus aujourd’hui. Des mecs franco français qui sont des masses au cœur tendre. Quand il fout une baffe à Adjani, Ventura c’est un vrai père. C’est quelque chose qui me manque. Ces icônes m’ont donné envie de faire du cinéma. Les Dalton ça ne parle pas de ça mais je pense que sans Leone on ferait toujours de westerns comme dans les années 60. Ce mec a changé un genre, en a inventé un, qu’on appelle western spaghetti – ce qui ne veut rien dire – et il a prouvé qu’il était un grand cinéaste car le jour où il n’a pas fait un western mais Il était un fois en Amérique, il a accouché d’un chef d’œuvre. Ce qui prouve que les gens qui le résument à ses années western ont tort. C’est quelqu’un qui est mort trop jeune et qui avait encore des chefs d’œuvre à donner. Comme Kubrick est mort trop jeune… Des génies qui avaient compris qu’il valait mieux avoir quelque chose à dire pour faire un film que rien. Moi j’ai fait un film sans prétention, en essayant de coller le plus possible à une BD tout en respectant le cahier des charges. De mettre du rythme, des musiques, des couleurs, que visuellement il se passe toujours quelque chose, d’accélérer les scènes là où elles me semblaient lentes… Mais je ne suis pas sorcier. Aucun metteur en scène ne peut changer l’histoire qu’il filme, donc je ne l’ai pas changée, ce n’était pas mon rôle. J’ai essayé le plus possible de faire un joli spectacle, sans prétention. Je pense que les enfants ont été contents, que les adultes ne l’ont pas été, qu’ils s’attendaient à un rire du style Brice de Nice.

Et la direction d’Eric et Ramzy ?

Ramzy est un acteur naturel, je n’ai pas eu besoin de beaucoup le diriger. La seule chose, c’est qu’il perdait parfois de vue qu’Averell est toujours honnête et sincère. Je lui disais, Averell a 4 ans, donc parle comme si tu avais 4 ans. Et finalement je n’ai jamais eu à faire plus de 3 prises avec Ramzy

Comment avez-vous vécu les critiques à la sortie du film ?

Mal. J’ai trouvé qu’il n’y avait pas de mesure. Je suis persuadé que visuellement le film respecte la bd et je ne l’ai pas beaucoup entendu, et ça m’a désolé. J’ai plutôt compris les critiques concernant la drôlerie du film, parce que je l’ai aussi ressenti, mais sur tout ce qui était hommage à la bd j’ai trouvé que les gens étaient plutôt injustes. Je ne le prends pas mal, c’est comme ça, la nature de notre métier est de se faire critiquer. Mais je pense que certaines personnes n’ont pas relu la bd avant de critiquer le film.

Les Dalton jouit des honneurs de l’exagération, on est soit trop méchants, soit trop gentils. Les enfants ne voient pas les défauts du film, alors qu’il y en a beaucoup. Les adultes ne voient que les défauts mais il y a aussi des qualités dans ce film. Visuellement il se tient, il y a des effets spéciaux très réussis, dont je suis très fier, les costumes, les décors, des mouvement s de caméra intéressants, ce n’est pas rien. Mais quand les gens viennent rigoler il faut les faire rigoler. J’ai énormément appris de tout ça, techniquement, sur la nature de mon travail, comment gérer un grosse machine avec une production qui te soutient mais vérifie tout le temps ce que tu fais, … Travailler sous pression constamment est une expérience fantastique pour ton apprentissage. J’ai un regret sur ce film, c’est qu’on ne m’ait pas permis de m’approprier le cœur du film. Et ce n’est pas la faute de la production, je tiens à le préciser. Je dois beaucoup à la maison de prod car elle aurait pu prendre un réalisateur plus confirmé que moi. Ca aurait été un réflexe naturel même si la réalité de Double zéro a prouvé le contraire. Je voulais être digne de cette confiance aveugle en moi, ce qui voulait dire respecter le deal de départ, « ça tu touches et ça non plus », et livrer le film en tant et en heure avec le budget alloué. J’ai respecté ces trois points. C’était capital pour moi, non pas pour la suite de ma carrière car c’est aléatoire mais pour le respect de cette confiance. Ca fait un peu pompeux mais je le pense.

Concernant la direction artistique du film, comment avez vous approché l’esthétique de la BD ?

J’ai dit que je n’avais pas besoin d’un directeur artistique, mais en fait j’en ai un et il s’appelle Morris. Dans toutes les réunions pour les décors, costumes et autres je leur disais de regarder la BD car il y avait tout. Pour les bottes on a monté Ramzy sur huit centimètres de talon. Ceux d’Eric sont faux, il est à plat. On a fait des trucages pas possibles pour accentuer la diagonale. Mais tout est dans la bd. Jusqu’à l’étalonnage numérique pour avoir des plans avec les montagnes roses. C’était fondamental de respecter tout ça parce qu’on a pu faire le film grâce aux fans de la BD. Donc les premiers qu’on ne voulait pas décevoir c’étaient eux, en tout cas visuellement. J’avais demandé à mon décorateur de me faire des maquettes où tous les immeubles de la rue de Gulch City avaient un liseré noir mais ce n’était pas faisable. Mais l’équipe technique a vraiment été extraordinaire car il était très difficile pour eux de s’exprimer à travers un cadre aussi contraignant.

Et pour les costumes ?

Je n’étais jamais content, car c’était toujours trop clair, trop bleu, des couleurs différentes à l’ombre et la lumière, le chef opérateur avait aussi des contraintes techniques très précises. Mais tous les metteurs en scène connaissent ces problèmes, c’est justement ce qui est génial, on fait ce métier pour avoir ces problèmes et les régler, et pour s’entendre dire « non » vingt fois par jour. Alors sur le moment c’est terrible et tu dis que ne vas jamais y arriver, mais finalement tu y arrives parce que les gens sont d’une volonté formidable. Et il est là le vrai travail d’équipe. Ca se fait ensemble, pas tout seul. Il n’y a que les génies qui se font tout seul. Quand j’ai eu la chance de rencontrer John Alcott avant qu’il ne meurt, je lui ai demandé qui était pour lui le plus grand chef op du monde. Il m’a répondu Stanley Kubrick. Donc quand tu as une certaine connaissance, le chef op t’écoute. Moi j’avais besoin des experts, et essayer de traduire ma volonté dans leurs langages, parce qu’un chef op n’utilise pas les mêmes mots qu’un chef costumier.

Il y a deux personnages dont on ne parle jamias : William et Jack. Comment leur avez-vous donné de l’importance à l’écran alors qu’ils n’en ont même pas dans la BD ?

Dans le scénario définitif ils avaient cinq lignes donc j’étais extraordinairement emmerdé parce qu’ils n’existaient pas. Et on m’a répondu que c’était comme ça dans la BD, ce qui est exact, sauf qu’on ne fait pas de la BD, on fait du cinéma. Deux potiches pendant 1h30… ça marche dans des cases fixes mais pas ici. J’ai donc décidé avec les deux acteurs de développer une petite grammaire burlesque visuelle, puisque je n’avais pas le droit de modifier le script en rajoutant des lignes de dialogue. Ils ont été formidables de patience et d’humilité, ce pourquoi je leur tire mon chapeau. On a cherché des gags visuels, comme le coup du boulet dans la prison, qui n’était pas dans le script… On a fait une dizaine de gags comme ça qui n’ont pas été montés ou très peu parce qu’ils s’inséraient mal dans la nature même du bavardage qu’ils avaient décidé. Mais je ne les ai pas laissé en plan, même si c’est très difficile de diriger quelqu’un qui n’a rien à faire. J’avais choisi Saïd pour son extrême mobilité, il a un côté chapelinesque, grimacier, naturel dû à la forme de son visage et Romain m’avait fait rire, il a le rire communicatif. Mais ils ont été sous-exploité dans le film, ils méritent beaucoup mieux que ça. Ils sont présents comme Jack et William le sont, donc je pourrais très bien te dire c’est exactement comme dans la BD. Il se trouve qu’au final c’est en effet un petit peu comme dans la BD mais ce n’est pas suffisamment. Par exemple je voulais qu’en promo Les Dalton arrivent à quatre sur les plateaux TV, parce que pour moi les Dalton ont toujours été quatre. Mais bon, le monde est coquinement fait.

Au niveau du montage, y-a-t-il eu des scènes coupées ?

J’ai été très libre. J’ai coupé beaucoup de choses à l’intérieur des scènes. Quand tu as une scène avec cinq pages de dialogues, tu peux la tourner mais tu sais que tu vas couper quelques parties. Donc ça demande une analyse du texte très précise avant de tourner. Et j’étais assez content de me rendre compte que je me suis peu trompé, en accord total avec à la fois la production et Eric et Ramzy qui sont venus voir le montage quasi def auxquels j’ai expliqué qu’il y avait beaucoup de choses de coupées, mais qu’il fallait bien pour que ça fonctionne. Donc je suis totalement responsable du montage, avec mon monteur Richard Marizy qui a travaillé comme une bête avec son équipe.

Pourquoi ne pas montrer les scènes coupées sur le DVD ?

Le chef de produit passe derrière : « Pas la place !!! »
Très vite dans un rush cut, tu te rends compte de ce qui marche et ce qui ne marche pas, donc ce qui ne marche pas tu l’enlèves. On n’allait pas remonter des scènes qui ne nous plaisaient pas uniquement pour le DVD, ce n’était pas notre logique. On voulait plutôt aller dans le sens du film, c’est à dire réaliser un DVD pour les enfants. On a préféré rajouter des jeux plutôt que de mettre des scènes coupées.

La musique du film de Alexandre Azaria rajoute pas mal à l’ambiance BD…

On aime ou pas, mais il a fait une partition dans la stricte logique des vieux westerns américains. C’est une entreprise colossale de faire ça en France, pour des raisons de budget, d’écriture, d’équipe mise en place, d’orchestrateur… Il a vraiment fait un travail formidable.

Qu’en est-il des effets spéciaux ? On trouve plus de 400 plans qui en contiennent… comment gérez-vous ça ?

Les effets spéciaux mal réussis dans un film sont de la responsabilité totale et unique du metteur en scène. Jamais de la boîte qui les fait. Car un metteur en scène doit toujours à un moment donner sa validation. S’il valide un Fx défectueux c’est de sa faute. Ce n’est jamais de la faute d’un infographiste. C’est une vérité. Il y a une anecdote sur Men In Black où Barry Sonnenfeld est arrivé pour les effets spéciaux, il regarde effaré, consterné, dit que ce n’est pas possible de proposer un résultat aussi lamentable, et les mecs lui disent « si c’est possible, c’est même à la limite de ce qu’on peut faire ». Levinson : « Ah bon ben alors c’est formidable, je vais appeler Steven et lui demander de venir voir ! » Les mecs juste avant qu’ils raccrochent lui ont répondu « Attendez on va faire mieux ».

Plusieurs sociétés s’occupaient des FX : comment avez-vous géré cela ?

J’ai eu Eclair, Micros et L’Est. L’Est supervisait. Il y a 402 plans dont 401 dont je suis très content. Il n’y a donc qu’un seul plan sur lequel je pense qu’on aurait pu faire mieux, je ne dirai pas lequel, mais je ne pouvais pas couper au montage car ça aurait abîmé la compréhension de l’histoire. Un seul, c’est très peu. Moi je suis fier des Fx des Dalton, ils sont intégrés, bien foutus, cartoonesques. Ma grande référence était The Mask, des Fx visibles mais bien intégrés dans la charte graphique.

… ce qui n’est pas toujours le cas aux Etats-Unis…

Oui c’est dramatique. Il n’y a pas 36 boîtes qui savent faire ça. Les techniciens d’ILM ne sont pas les meilleurs au monde pour rien. Ils vous font signer un contrat de 200 pages où on ne peux pas refuser le moindre plan. Car il est impossible de faire un FX sans story-board et que celui que tu amènes sera entièrement reproduit. C’est donc de ta responsabilité au moment de la livraison du story-board. D’où l’énorme importance qu’ont pris les story-boarder à Hollywood. Tu donnes un dessin, tu vas l’avoir, et ce sera ni plus ni moins. Ils ont leur propre producteur à l’intérieure de leur boîte. On te livre clé en main le plan que tu as rendu.

Et c’est aussi pour ça que chez ILM on voit parfois trop les FX…

On aime ou on n’aime pas mais c’est époustouflant, il faut bien s’en rendre compte. A la première réunion pour les Dalton on m’a demandé comment on allait gérer les tailles ? J’avais amené le bonus de La Communauté de l’anneau de 30mn qui s’appelle « Echelle », excellent. Les producteurs étaient comme moi impressionnés car ils ne pensaient pas cela possible. A la fin du bonus je leur ai dit « Vous comprenez bien que si on fait ça, le film ne sort pas en décembre et a un autre prix ». La réponse a été « Tu te débrouilles, trouve des solutions ». Il faut bien comprendre que les technique choisies dans le seigneur des anneaux, c’est un arrachage de cheveux permanent. J’en ai eu un tout petit avant-goût dans les Dalton pour la scène où ils sont en cellule. On est sur eux, on descend sur les pieds, douze ans plus tard on remonte ils sont barbus etc. Casse-tête technique. Ca nous a pris une matinée entière de raccorder les pieds au sol. Donc quand tu fais Le Seigneur des Anneaux, Star Wars, tu ne tournes pas les plans, tu tournes les éléments que tu vas ensuite donner à des équipes qui vont les mélanger. C’est un autre métier, d’ingénieur… que moi je trouve incroyablement ennuyeux, même si c’est techniquement passionnant, car tu as une marge de manœuvre extrêmement réduite dans ta direction d’acteurs, et que du côté technique tu n’as pas 36 manières de filmer la scène… Mais techniquement c’est époustouflant. George Lucas a été un visionnaire, un génie absolu autant chercheur que cinéaste qui a changé l’histoire du cinéma, mais qui est tombé dans l’artifice de la technologie pour les derniers. Je pense que le film le plus complexe jamais tourné c’est Spider-man 2 parce qu’il y a des contraintes de réalité qu’il n’y a ni dans Star wars ni dans le seigneur des anneaux. J’ai la chance de faire partie des réalisateurs français qui ont fait des grosses machines aujourd’hui, et je te dis que les mecs qui ont fait ces films sont des surhommes. Regarde Cameron, il ne fait aucun film sans défi technologique, c’est sa motivation. Il y a une production qui tire toujours plus vers le haut, depuis Les dents de la mer.
Les FX marchent bien quand il y a l’intelligence du metteur en scène qui donne un point de vue. Ca c’est les grands artistes. Regarde Old Boy, on aime ou pas, mais la liberté de ton qu’il y a dans ce film, personne ne la prend en Europe.


Ou encore plus aux USA

Encore plus aux USA. C’est pour ça que le cinéma coréen est à la mode, on sent bien qu’il y a une liberté qu’on ne verra pas ailleurs. Et puis la mode va passer, on nous a fait le coup avec le cinéma chinois il y 5ans, pendant 3 ans il y a eu des films chinois et fini. C’est passionnant. Moi le film dernièrement qui m’a bouleversé en France, par son authenticité, son intelligence, son émotion, c’est De Battre mon Coeur s’est arrêté de Jacques Audiard. Ca c’est un artiste extraordinaire. En France on a la chance d’avoir ce mec là. Comme Jean-Pierre Jeunet. J’ai adoré Amélie et j’étais très triste pour lui sur la question du fond de soutien d’un Long dimanche de Fiancailles, je trouve que c’est une honte, mais je lui ai dit que son film m’a profondément déçu. Il m’a répondu que c’était marrant comme tout le monde avait son film fétiche, entre Delicatessen, Amélie, Alien,… Mais c’est un immense metteur en scène, Jean-Pierre Jeunet, il n’y en a que 2-3 en France.

En matière de DVD, quels sont vos goûts ?

Je suis plutôt collectionneur. Je dois avoir 2000 DVD chez moi. Le truc qui me fait acheter un dvd c’est soit j’ai aimé le film en salle, soit je ne l’ai pas vu, soit le contenu des bonus est prometteur. Parce que j’estime que c’est un moyen fantastique d’apprendre et qu’aujourd’hui pour 20€ tu as une leçon de cinéma particulière. J’apprends beaucoup grâce à cet outil.

Vous avez un DVD de référence en terme de leçon de cinéma ?

Le collector du Seigneur des anneaux. En terme de contenu pour moi il y a celui là et les autres. Il y a tout dans ce dvd. Et en plus ce sont des génies qui te parlent car Richard Taylor est autant un génie que Peter Jacksson. Donc tu vois des génies qui travaillent ensemble.

Il y aurait un DVD que vous attendriez avec impatience ?

J’attendais depuis très longtemps Il était une fois la révolution dans sa version complète. Et il vient juste de sortir !
Mais le dvd permet aussi l’apport des séries. Hors c’est le seul format audio-visuel dans lequel on peut vraiment développer un personnage. Je suis fou de séries aujourd’hui. 24h je connais par cœur, je suis à la 15e heure de la saison 4. The Shield c’est exceptionnel. Je viens de voir Angel in America de Mike Nichols qui est formidable. Et je pratique à fond Six feet under, Sex in the city et Friends.

Quel sera votre prochain film ?

Je suis en train de l’écrire. Ca parlera des services secrets français. Je suis en contact avec un grand nombre de personnes issues du renseignement français dont certains que nous avons engagés comme consultants. Le film sera une fiction je pense très haletante, mais extrêmement réaliste. Le but sera de montrer de quoi sont capables les services secrets français aujourd’hui à l’heure où on parle pour contrer une très grave menace sur le pays. Le tournage est prévu pour 2006.

Référence : http://www.lecinema.net

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