Auteur – Entrevue Morris

Voici une entrevue qui a été réalisée il y a plus de 20 ans mais que je trouve très intéressante.

Pourquoi avoir choisi la bande dessinée comme métier ?

On dit : lorsque l’on sait écrire, on sait dessiner. Pour moi, cela s’est passé de la façon inverse. J’ai commencé par le dessin. J’ai la passion du dessin. Pourquoi m’être plus précisément dirigé vers la bande dessinée ? Par goût et par hasard, car c’est le dessin animé qui m’attirait. J’avais appris toute la technique de l’animation aux cours par correspondance que donnait Jean Image. Ces cours portaient comme titre général : « le dessin facile ». Tout un programme… Nanti des quelques notions de base que j’avais ainsi apprises, je m’étais présenté dans un studio qui réalisait des dessins animés sur des chansons du style de « la mère Michel qui a perdu son chat ». J’ai travaillé pour ce studio quelques temps. J’y ai fait la connaissance de Peyo, Franquin, Paape… Il y avait une très bonne ambiance et le travail se faisait de façon agréable. On chantait, riait, discutait… Tout a très bien marché jusqu’au jour où, la guerre étant finie, les Américains ont repris le marché du dessin animé en main. Pour nous tous, s’est posé le problème de la reconversion et le dessin animé n’étant somme toute pas très éloigné de la bande dessinée, c’est tout naturellement vers cette dernière que nous nous sommes tournés.

Pourquoi avoir choisi Spirou comme support et non Tintin ?

Le journal Tintin était très marqué par Hergé. Il y imposait son style, et toutes les bandes dessinées publiées par Leblanc à cette époque portent la marque maison. Pour travailler à Tintin, il fallait faire du Hergé et rien d’autre. Le journal Spirou nous semblait plus ouvert, plus fantaisiste et de plus je travaillais déjà pour les éditions Dupuis. Parallèlement à mes activités de studio, j’avais réalisé quelques cartoons pour une revue qui se nommait Le Moustique. Ce journal appartenait aux Dupuis, et ayant un pied dans la maison, j’ai proposé de travaillé pour Spirou.

Vous créez donc un cow-boy humoristique.

En créant Lucky Luke, j’ai eu le souci d’en faire un personnage propre à s’adapter au dessin animé. Si vous regardez les premières planches d’Arizona, les personnages sont très ronds et très proches par le trait de ceux que l’on dessinait pour l’animation. Peut-être avais-je la prémonition qu’un jour Lucky Luke galoperait sur les écrans… Pour un personnage de bande dessinnée, être porté à l’écran est une consécration.

Puisque nous parlons dessins animés, pourquoi avoir donné « vie » à Lucky Luke ?

Comme je vous l’ai dit, c’est un retour aux sources. Lucky Luke est à l’heure actuelle un sujet international, donc à même d’intéresser beaucoup de gens. Il ne faut pas oublier qu’un long métrage de dessins animés coûte très cher et qu’il faut essayer de toucher un public aussi vaste que possible. Le succès d’Astérix a décidé les producteurs à poursuivre dans la voie tracée. L’adaptation en dessins animés a soulevé certains problèmes. Il a fallu simplifier le dessin, et adapter le scénario au cinéma. Les gags qui passent très bien en bande dessinée ne sont pas toujours réussis à l’écran. Le gag de BD est statique, figé. On a le temps de le regarder, de le redécouvrir. Au cinéma, il faut qu’il soit compréhensible tout de suite. Par exemple il ne nous a pas été possible d’utiliser le ralenti pour montrer la rapidité du tir de Lucky Luke. En bande dessinée c’est très faisable, soit avec la bouteille de Cola qui reste en l’air, soit avec la cigarette que Lucky Luke roule lorsqu’il dégaine. Pour le dessin, il y a quelques règles auxquelles on ne peut échapper. Les traits doivent obligatoirement être fermés pour que le coloristes sachent où s’arrêtent les couleurs… Enfin, pour donner le mouvement, on doit dessiner 24 images par seconde, et il est nécessaire que le dessin soit le plus simple possible. Il existe beaucoup d’analogies entre le dessin animé et la bande dessinée, mais elles sont plus apparentes que réelles. Nous avons affaire à dix moyens d’expression très différents.

Quelle a été votre part de travail dans ces deux dessins animés ?

Mon principal travail vient une fois le scénario élaboré. Il me faut faire le story board, c’est-à-dire esquisser tout le film sous la forme d’une pseudo bande dessinée en indiquant plan, décors, dialogue, mouvement, etc. Ensuite je passe aux « model sheets » ; je dessine tous les personnages du film dans toutes les attitudes et avec toutes les expressions possibles. C’est à partir de ces « model sheets » que les anmateurs travaillent. L’entrepriseest énorme ; elle m’a demandé bien plus de temps que la réalisation d’un album de bandes dessinées, bien que tout soit à l’état de croquis.

Pour en revenir à la bande dessinée, vous avez travaillé à vos débuts avec Jijé.

Lorsque je me suis présenté chez Spirou, Jijé était l’une des rares personnes à faire de la bande dessinée sérieusement, et l’éditeur nous a tout naturellement envoyé chez lui. Je dis nous, car j’étais avec Franquin. Ce dernier sortant de l’école Saint-Luc s’est vu confier Spirou par la suite. Jijé nous a beaucoup appris au niveau dessin mais nous lui avons, de notre côté, ouvert les yeux sur pas mal de choses. Par exemple, il n’approfondissait pas beaucoup son dessin pour la bande dessinée ; il ne lisait jamais les américains. Sur le plan graphique, il nous a appris une chose qui s’est révélée terriblement importante : le croquis d’après nature. Deux ou trois fois par semaine, nous dessinions d’après modèle vivant. On devrait en faire plus souvent, même les dessinateurs humoristiques. Une bonne caricature a besoin du support réel pour être efficace.

Jijé, bien qu’ayant déjà une nombreuse famille, nous logeait chez lui. Il y avait là : Franquin, Will et moi. Ca se passait chez lui. Nous nous corrigions les uns les autres. Notre collaboration était très efficace, et c’est tous ensemble que nous avons décidé de partir aux États-Unis. Pour moi, c’était le pays de la bande dessinée, et je voulais voir le décor, connaître les méthodes de travail des dessinateurs. Jijé souhaitait y partir pour des raisons politiques, quant à Franquin, je ne sais plus très bien pourquoi. Eux sont revenus assez rapidement, moi, j’y suis resté six ans.

De quoi viviez-vous aux Etats-Unis ?

J’ai fait du comic-book pour divers magazines tout en continuant à dessiner Lucky Luke. J’envoyais mes planches régulièrement. J’étais également en contact avec Kurtzman qui venait de lancer Mad Magazine. Il m’a proposé de travailler pour un journal qui publiait des histoires de guerre réalistes. Ce n’était pas dans mes cordes et j’ai refusé. J’ai donc vécu des comic-books (où je n’étais d’ailleurs pas seul à travailler puisque nous étions plusieurs personnes à dessiner la même bande), et des illustrations de livres pour enfants. Le contact des dessinateurs américains m’a été très bénéfique. Je garde d’excellents souvenirs de Kurtzman ; je suis d’ailleurs toujours en contact avec lui. J’ai assisté à la naissance de Mad, à sa dispute avec son éditeur…

Les relations avec l’Europe étaient-elles faciles ?

Cela dépendait. Je me souviens avoir été quelque temps sur la corde raide, et pour faire des économies de timbres, je dessinais mes planches recto verso. Ca m’a valu quelques déboires car une fois chez Dupuis, à Marcinelle, personne ne s’en est aperçu, si bien qu’une planche n’est jamais parue.

C’est aux États-Unis que sont nés les Dalton ?

C’est exact. J’avais été me renseigner à la bibliothèque de New York sur la vie de ces bandits. En réalité, ils n’étaient que trois. Le quatrième n’est devenu mauvais qu’après la mort du premier, mais j’ai trouvé plus drôle de les mettre tous les quatre ensemble.

Vous n’avez pas eu de problèmes pour travailler aux États-Unis ?

Faire une bande dessinée en France et la faire publier aux U.S.A. est très difficile. Mais quand on est sur place, on peut publier sans trop de problèmes. Ceci dit, je n’ai jamais essayé d’avoir un maximum de travail aux États-Unis, puisque Lucky Luke continuait de paraître en Belgique et en France. Je n’avais pas l’intention de m’installer aux U.S.A.

De l’autre côté de l’Atlantique, vous faites la connaissance de René Goscinny.

Je ne saurai jamais ce qu’il faisait là ! Un de ses oncles l’avait encouragé à venir travailler aux États-Unis, en lui faisant miroiter les possibilités qu’offrait l’Amérique. Lorsque je l’ai rencontré, il travaillait pour une entreprise de cartes postales faites à la main. C’était du travail à la chaîne et René mettait toujours la même couleur au même endroit sur des cartes postales qui représentaient toujours le même paysage. Ce n’était pas très drôle et pas très bien payé non plus. Je crois qu’à force de me fréquenter il a eu envie de faire de la bande dessinée. Il a dessiné une courte histoire : Dick Dicks. Le dessin était faible, mais le scénario fantastique. Il évitait de dessiner des voitures, des foules, ce qui donnait des paysages hallucinants. Je me souviens que l’on voyait son détective se promener dans un New York complètement désert !

Je l’avais rencontré par l’intermédiaire de Joseph Gillain, qui m’avait dit : « Je connais un Français, un véritable cinglé, j’aimerais que tu le vois… » et à Goscinny, il avait dit la même chose sur mon compte… Gillain voulait faire un film d’animation et il avait demandé à Goscinny de lui écrire un scénario. Ce que lui avait proposé René était très simple mais remarquable. C’est un peu à cause de ça que j’ai fait appel à lui pour une première collaboration.

Pourquoi ne pas avoir continué tout seul la série ?

J’ai pensé qu’un sang neuf ferait du bien à Lucky Luke. Et pour un dessinateur, il est agréable de pouvoir se concentrer uniquement sur le côté graphique de l’histoire. Aujourd’hui, je pourrais reprendre Lucky Luke seul, mais je préfère avoir un scénariste, à condition d’en avoir un bon.

Au bout de six années vous revenez en Europe. Pourquoi ?

Comme je vous l’ai dit, je n’envisageais pas de vivre aux États-Unis. Je m’étais d’ailleurs embarqué avec un visa de séjour « visiteur » et j’ai eu le plus grand mal à y rester plus d’un an. Franquin en sait quelque chose, lui qui a dû rentrer à cause de ce visa. Pour pouvoir rester, j’ai dû entrer dans une école d’art où j’ai suivi des cours d’illustrations. En tant qu’étudiant, mon séjour aux U.S.A. était possible. Ensuite, j’ai régularisé ma situation. Au bout de quelques années j’ai senti le besoin de regagner l’Europe.

Avez-vous trouvé du changement dans le journal Spirou à votre retour ?

Il y avait des dessinateurs qui s’étaient confirmés, Peyo entre autres. Mais le changement d’orientation du journal a eu lieu quelque temps plus tard avec l’arrivée de Delporte. Il amenait la fantaisie dans le bon sens du terme…

Depuis quelques épisodes la parole a été donnée à Jolly Jumper.

Du point de vue purement utilitaire, il était intéressant d’avoir un personnage auquel Lucky Luke puisse parler, et donc qui soit susceptible de lui répondre. En bande dessinée on est parfois obligé d’expliquer une action pour rendre la chose compréhensible au lecteur . Jolly Jumper était tout désigné pour le faire. Et puis Lucky Luke est une série basée sur la fantaisie pure, alors, pourquoi ne pas en profiter. Le comique s’en trouve renforcé et lorsqu’il y a des temps morts, les réflexions de Jolly Jumper permettent de placer un gag. Certaines personnes ont été choquées. J’ai reçu des lettres disant que Lucky Luke n’était pas une BD suffisamment fantaisiste pour se permettre ce genre d’à-côtés. Personnellement je trouve que la série a besoin d’innovation de ce genre.

Vous faites du western humoristique tout en conservant un fond de vérité dans vos histoires.

L’histoire de l’Ouest est tellement riche en personnages truculents qu’il serait dommage de ne pas en profiter. Au début des aventures de Lucky Luke tout était fantaisiste et petit à petit sont intervenus des personnages ayant existé. Les Dalton, Jesse James, Calamity Jane, Roy Bean, etc. Les décors avec les pancartes, les croque-morts, les shérifs, les joueurs de cartes professionnels. Même dans une histoire à caractère humoristique, il faut mettre un brin de réalité. Sinon, elle perd de sa force.

Parallèlement à Lucky Luke, vous avez illustré pendant quelques semaines deux romans de Paul Berna pour Spirou.

Il s’agissait du « Cheval sans tête » et du « Piano à Bretelles ». Je l’avais fait un peu par défi, pour me prouver que j’en étais capable. Ce n’était ni du dessin humoristique ni du dessin réaliste. Le graphisme ne m’a convaincu qu’à moitié, et je n’en suis pas très fier. Certaines bandes dessinées (Tintin par exemple) sont ainsi : ni comiques ni franchement réalistes. C’est typiquement européen d’ailleurs, en Amérique, on ne trouve pas ça.

Pour en revenir à ces illustrations, je les avais faites à la demande de l’éditeur. J’en ai également réalisées pour la Hollande mais dans un style fortement influencé par Alex Raymond.

Dans Lucky Luke, les méchants ne sont jamais cruels.

Non, nous essayons de les ridiculiser. Lorsque le cinéma utilise des bandits américains, c’est finalement pour en faire des héros. La présentation des bandits est très sympathique et c’est tout juste si le shérif n’est pas le mauvais de l’histoire. Nous ne voulions pas tomber dans ce travers et nous avons ridiculisé volontairement les desperados.

Les Dalton sont voués à la prison ?

Oui, et ça devient d’ailleur difficile de trouver de nouvelles astuces pour les faire évader, puisqu’à chaque début d’histoire ils doivent sortir de prison. Nous avons tout essayé, les mises en liberté conditionnelles, la prise d’otage, le tunnel, les remises de peine à l’occasion d’élection…

Lucky Luke reste un cow-boy solitaire.

Quelquefois on m’écrit pour me demander pourquoi il ne se marie pas comme à la fin des bons vieux films de western. Il est solitaire et n’a pas de parents comme presque tous les personnages de bande dessinée. Il a surgi un jour, adulte, avec ses traits, ses mimiques et tout ce qui a pu lui arriver avant n’existe pas. S’il devait tomber amoureux, ce serait catastrophique. Vous me voyez raconter l’histoire d’un cow-boy installé dans une petite ferme avec sa femme, ses enfants, ses pantoufles ? Dans un film, c’est possible. Le beau cow-boy part vers l’horizon avec sa dulcinée… Mais Lucky Luke, j’en ai besoin pour le prochain épisode !

Lucky Luke est devenu un cow-boy errant. De Spirou, il est passé à Pilote, de Pilote à Tintin, puis au journal Lucky Luke…

Lucky Luke était très bien dans Pilote, mais le journal a changé de visage et de public. Goscinny et moi avons pensé que notre cow-boy n’était plus à sa place et nous avons cherché un autre support pour sa publication. Le fait de ne pas avoir un journal particulier qui pré-publie Lucky Luke n’est pas gênant parce que sa popularité est assez grande et que les albums se vendent bien. Au contraire, le fait qu’un épisode soit publié dans tel journal, un autre dans tel autre journal est susceptible d’amener de nouveaux lecteurs à la série. Je crois d’ailleurs que cette formule de journaux spécialisés dans la bande dessinée avec des séries « à suivre » est démodée. Lorsque j’étais aux États-Unis, Kurtzman me disait déjà que la formule Spirou était vieillotte. Depuis dix ans elle n’existait plus aux U.S.A. et cela se passait dans les années cinquante… Les gens n’ont plus la patience de lire une histoire par petit bout et d’attendre six mois pour en connaître la conclusion. Ils préfèrent acheter l’album.

Lucky Luke a participé à tous les grands événements de l’Ouest

Sa période d’action va de la fin de la guerre de Sécession à la fin du siècle dernier. Si l’on se plaît à compulser les livres, on s’aperçoit que Roy Bean, le juge, est mort au début du vingtième siècle. La grande époque pour le western est 1880, mais nous ne sommes pas stricts ! La découverte du pétrole s’est faite assez tard dans l’histoire du western. Nous ne nous limitons pas non plus du point de vue territoire. Lucky Luke a été au Canada, au Mexique et même franchement à l’Est lors de l’épisode sur le Mississipi. J’ai pris beaucoup de plaisir à dessiner cette histoire de bateaux, avec les joueurs et toute l’ambiance qui en découlait.

Dessiner pendant plus de trente ans le même personnage, n’est-ce pas lassant ?

Non, pas du tout. J’ai toujours le même plaisir à réaliser une histoire de Lucky Luke. Les sujets sont variés et multiples. Nous ne sommes pas prêts d’épuiser le genre ! Il en est un qui me paraît très intéressant : les villes de l’Ouest manquaient de femmes, et pour parer à cette absence, on importait des dames de l’Est… Tout un programme ! Le sujet est délicat mais si on le traite avec humour, il peut cautionner une excellente histoire. Le public de Lucky Luke est de plus en plus adulte, et je crois que je peux me permettre de traiter un tel sujet. L’évolution des histoires a d’ailleurs suivi l’évolution de l’âge moyen des lecteurs. Si l’on prend les premiers albums de Lucky Luke, ils sont très naïfs, car destinés avant tout aux enfants, et petit à petit (les adultes lisant de la bande dessinée et Lucky Luke entre autres) le contenu des histoires change. Nous nous permettons des gags que nous savons incompréhensibles pour les enfants, à la première lecture. Je crois qu’il vaut mieux que l’enfant se pose des questions, plutôt que de céder à la facilité.

A la fin de l’histoire Lucky Luke s’en va toujours vers le soleil couchant…

Lorsque ont débuté les aventures de Lucky Luke, le cinéma montrait des westerns classiques. Les films étaient chantant, le héros s’en allait vers le soleil couchant. A Bruxelles plusieurs salles étaient spécialisées dans les westerns, et j’ai pratiquement vu tous les films. De là m’est restée cette image du cow-boy qui part en chantant vers le couchant.

Lorsque vous dessinez, faites-vous des crayonnés poussés ?

Je devrais les pousser un peu plus, mais la mise à l’encre serait fastidieuse ! Je travaillerais comme une machine et mon plaisir s’en trouverait amoindri. En général je fais un croquis assez vague, ce qui donne plus de souplesse lors de la phase finale de réalisation. Mon dessin a été longtemps laborieux. J’ai fait des complexes par rapport à Franquin qui, lui, est très habile. Avec le temps, j’ai gagné en habileté. Je me suis toujours attaché à être très lisible, très clair dans mon graphisme. Si le lecteur doit regarder trop longtemps avant de comprendre le dessin, c’est qu’il n’est pas bon. Je fais des croquis, jusqu’à trouver la position, l’angle de prise de vue qui rendront les choses clairement. Lorsqu’un personnage fait un mouvement, il faut choisir la phase qui résume tout le geste du personnage. En général ce sont les deux phases extrêmes du geste qui rendent le mieux le mouvement.

Certaines personnes considèrent encore la bande dessinée comme ayant une influence néfaste sur la culture générale de l’individu.

Oui, on disait et l’on dit toujours que la bande dessinée ôte l’envie de lire aux gens. Mais il existe quelque chose de bien plus dangereux que la bande dessinée dans ce domaine, c’est la télévision. Lire une bande dessinée demande quand même un effort tandis que pour regarder la télévision, il n’y a qu’à tourner un bouton. D’ici que la télévision tue la bande dessinée…

Verra-t-on un jour Lucky Luke traverser l’océan ?

En principe, les premiers albums en anglais devraient arriver sur le marché américain en 1981.

Propos recueillis par Jean Léturgie et Henri Filippini

Référence : http://www.multimania.com/luckylukecity

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