Auteur – Biographie René Goscinny

René Goscinny est né le 14 août 1926 à Paris. Il vit une grande partie de son enfance en Argentine, principalement entre Buenos Aires et la Pampa. Après une première expérience en tant que sous-aide-comptable dans une usine de récupération de vieux pneus, il commence à 17 ans comme apprenti dessinateur dans une agence de pub en Argentine. Âgé de 19 ans, il s’embarque pour l’Amérique et, plus précisément, les studios « Walt Disney ».

Seulement la désillusion est au bout, il ne rencontre jamais Walt Disney mais tombe par hasard sur la bande du futur « Mad » Harvey Kurtzman, Jack Davis et Will Elder. Dès lors, il se sent beaucoup moins seul : l’humour anglo-saxon coïncide parfaitement avec sa propre manière d’envisager les choses.

En 1948, il devient dessinateur dans un studio où travaillent, entre autres, Will Elder, Harvey Kurtzman, et John Severin. Pendant cette période il voyage beaucoup et rencontre Morris à New York, Jean-Michel Charlier à Bruxelles et Albert Uderzo à Paris, à la « World Press », petite agence belge dont il dirige le bureau parisien créé en 1951. Goscinny, qui a compris que son talent s’épanouissait plus efficacement dans le scénario que dans le dessin, met en chantier une foule de Bandes Dessinées.

Tout au long des années 50, René Goscinny réalise un grand nombre de scénarios : « Junior » pour Uderzo de 1954 à 1957, « Lucky Luke » de 1955 jusqu’à sa mort pour Morris dans « Spirou ». Dès 1956, dans « Tintin », il crée ou reprend plusieurs héros comme « Spaghetti » pour Dino Attanasio, « Strapontin » pour Berck, « Prudence », « Petitpas » pour Maréchal, « Modeste et Pompon » pour André Franquin, « Oumpah-pah » pour Uderzo en 1958, etc … la liste est longue et on peut continuer … « Lili Mannequin » pour Will en 1957 dans « Paris-Flirt », « Le Capitaine Bibobu » dont il est aussi le dessinateur, en 1955 et 1956 dans « Risque-Tout », « Pistolin » pour Victor Hubinon entre 1955 et 1958, « La Fée Aveline » pour Coq dans « Jours de France » en 1960. Dans « Record », où il écrit « Record et Véronique » pour Will, il lance en 1962 « Iznogoud » avec Tabary. A noter qu’il est aussi l’auteur du « Petit Nicolas » illustré par Sempé.

C’est aussi en 1956 que se produit un crash irréversible avec la « World Press » : Goscinny, Charlier et Uderzo, désireux de promouvoir ce métier qui n’en est pas un, rédigent une très controversée « Charte des Dessinateurs », initiative qui leur vaudra de se retrouver sur le coté du jour au lendemain, et en plus, d’être dans le collimateur de tous les éditeurs. Ils tombent par hasard sur un certain Jean Hébrard, qui vient d’hériter d’un énorme café place de la Bourse et leur fournit les fonds nécessaires à la création d' »Edifranche », une petite société de presse. C’est sous la double paternité d' »Edifrance » et « Radio-Luxembourg » que naît « Pilote », le 29 octobre 1959. Goscinny partage la rédaction en chef avec Charlier et signe avec Uderzo le premier épisode des « Aventures d’ Astérix le Gaulois ». Trois ans plus tard, il invite Gotlib à collaborer aux « Dingodossiers ».

Après mai 68, il installe dans « Pilote » les inoubliables pages d’actualité, et anime sur « Europe 1 » : « Le Feu de camp du dimanche matin », avec Fred, Gébé et Gotlib. Cependant, sans la moindre promotion, et plus grâce au bouche à l’oreille, le petit Gaulois a connu une irrésistible ascension : en 1965, le premier satellite français est baptisé « Astérix » et, quelques années plus tard, les albums sont traduits dans 28 pays, sans compter l’espéranto et le latin qui ne sont pas des pays, mais des langues … Pendant que le boom « Astérix » secoue la Bande Dessinée, la faisant passer du statut de maladie infantile à celui d’art respectable, Goscinny, qui possède un œil de lynx pour reconnaître les talents, fait de « Pilote » un laboratoire de création où s’épanouit la nouvelle Bande Dessinée, avec Gotlib, Reiser, Cabu, Bretécher, Mandryka, Druillet, Tardi, Jean Giraud, Mézières, F’Murr, Fred, Enki Bilal, … bref, que du beau monde !

En 1972, après le départ du trio Gotlib-Bretécher-Mandryka pour « L’Echo des Savanes », il offre la rédaction en chef du journal à Guy Vidal. En 1974, il crée avec Uderzo et Georges Dargaud les « Studios Idefix », qui donneront naissance aux « Douze travaux d’Astérix » en 1976, tandis que sort le 23ème album d’Astérix, tiré à 1 300 000 exemplaires! Goscinny avait une foule de projets : l’édition, la télé et surtout, le cinéma. Scénariste de l’irrésistible « Viager », réalisé en 71 par Pierre Tchernia, il était enchanté par cette autre façon de faire rire, puisque tel était sa vocation.

Mais l’histoire s’arrête le 5 novembre 77, tandis que l’équipe des « Studios Idefix » travaille sur « La Ballade des Dalton », perpétuant son rêve le plus ancien : après tout, il était parti en Amérique conquérir les « Studios Walt Disney » … René Goscinny s’est éteint le 5 novembre 1977 au jeune âge de 51 ans.

Référence : http://www.brusselsbdtour.com/bio_goscinny.htm

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